Qu'est-ce qu'un Cichlidé
La question est souvent posée aux passionnés de cette vaste famille. Mais on se rend rapidement compte que bien peu le savent. La réponse la plus simple, la plus complète (scientifiquement parlant) est la suivante : "poisson téléostéen d'eau douce qui ne possède qu'une seule paire de narines". Bon, avec cela, on n'est pas franchement plus renseigné. Il nous faut donc autre chose pour tenter de définir les Cichlidés. Le problème est que tous les autres critères trouvés peuvent également être attribués à d'autres familles, et ne sont donc pas fiables. Souvent, ce qui permet de reconnaître un Cichlidé, c'est sa nageoire dorsale. Elle possède en effet un grand nombre de rayons épineux et occupe donc une grande partie du dos.
Mais à part cela ? Et bien, à part cela, pas grand chose, si ce n'est un petit coup de cœur qui frappe le passionné dès qu'il voit un Cichlidé chez un commerçant. A l'heure actuelle, plus de 3500 espèces sont recensées, réparties sur trois continents ? Elles se sont adaptées à des biotopes extrêmement variés. Ainsi, on peut trouver des "nains" de 3 à 4 cm, et des "monstres" de 90 cm ; des poissons vivant dans les eaux douces d'Amazonie et d'autres dans les sources alcalines de l'Afrique de l'Est au pH proche de 10, avec une température de 40 °C. On rencontre aussi des pondeurs sur substrat découvert et des incubateurs buccaux de divers types. La variété des couleurs, des formes et des tailles est particulièrement étonnante. Ainsi, à l'exception de la définition scientifique déjà citée, il est absolument impossible de définir avec précision un Cichlidé. Et pourtant, malgré cela, on reconnaît immédiatement un poisson de cette famille. C'est peut-être là que résident son charme et son grand mystère. Le domaine est tellement vaste que les passionnés se spécialisent, souvent à vie, dans un biotope précis. Ainsi, on trouve des cichlidophiles mordus des Cichlasoma d'Amérique Centrale et d'autres, inconditionnels des "Tropheus" du Tanganyika. Pour ces derniers, les Cichlasoma ne sont que des monstres, capables de vivre dans n'importe quelle soupe ! Parfois même, la scission se fait entre aquariophiles adeptes du même lac. Le Malawi abrite ainsi ses "mbunaphiles" et ses "haplophiles" ; les premiers considérant les "Haplos" comme de grosses sardines bleues sans intérêt, les seconds traitant les mbunas de petites teignes incapables de faire autre chose que de se battre.